17/08/2021

"Je crois en la capacité de progression de tous et toutes avec les bons feedbacks" - Isabelle Deprez

🌈 Le métier que vous souhaitiez exercer petit 

Toute petite, je rêvais d’être astronaute ! C’était la période Youri Gagarine. 

Puis en seconde d’être chercheuse en sciences de la vie. Pas de chance, mon prof de maths a fait barrage pour la filière D. Trop matheuse selon elle. J’ai donc fait des maths, trop jeune et
en avance dans mes études... jusqu’à saturation !

Puis jeune adulte une terrible envie de prendre le large physiquement et mentalement : traverser le monde, découvrir, apprendre « en grand angle ». Grand reporter me tentait beaucoup mais l’attirance n’était pas réciproque ;)

Je suis donc entrée « en économie » pour monter sur ma 1ère marche de décryptage du monde,
et ça ne s’est jamais arrêté depuis.

 

🌟Votre idée du bonheur au travail

Du sens, du sens, du sens !
Comprendre et transformer, idéalement avec d’autres. J’aime le travail d’équipe.

 

🚹Si vous n’exerciez pas votre activité actuelle, quel autre job auriez-vous pu exercer ? 

DG d’une organisation à impact sociétal, comme une ONG, un programme politique, une entreprise à mission.

 

đŸ’„La compétence que vous estimez le plus chez les autres

L’esprit d’entreprise/d’initiative associé à la puissance du discernement

 

📣Les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence

D’orthographe sûrement car je suis la 1ère concernée !
Et surtout celles liées à un contexte qui n’a pas encore permis à l’intéressé.e de s’en saisir. Je crois en la capacité de progression de tous et toutes avec les bons feedbacks

 

👀La compétence que vous n’avez pas et que vous aimeriez développer

Les fondamentaux des sciences numériques pour pouvoir mieux anticiper et coordonner mes
projets. J’ai commencé ...

 

đŸ‘«Les mentors qui vous ont accompagnés

Je n’ai pas eu de mentor au sens où on l’entend dans l’entreprise, peut-être parce que j’ai été très souvent sur des missions/projets de défrichage de contextes nouveaux ? C’est une option en entreprise assez récente aussi me semble-t-il.

Mon principal mentor, en prenant du recul sur mon parcours, est ma croyance dans mes capacités d’apprentissage et de remise en cause. Je me suis construite comme j’ai pu et ai intégré des groupes de co-développement comme la Jeune Chambre Économique par exemple. Puis me je suis sentie très seule lorsqu’il a été question de faire campagne en politique, de piloter et présider des organisations. Mes amis pensent souvent que je peux le faire, être devant, prendre les coups. S’ils savaient comme les doutes m’assaillent bien souvent ! Puis je trouve la force à l’intérieur de moi, quand il y a du sens et un vrai projet de
cœur et conviction. De longues années d’amitié avec un coach a aussi beaucoup contribué à faire taire ma petite
voix intérieure d’autodénigrement. Je ne suis pas devenue coach par hasard... 

Je précise cependant que s’il y a parmi les lecteurs des mentors volontaires, je suis tout ouïe.

 

đŸ€©L’avenir du e-learning selon vous  

Nous sommes face à l’immensité des apprentissages à acquérir dans une complexité galopante et une direction extrêmement floue. C’est à la fois réjouissant car tout est possible et terrifiant car l’absence de lisibilité nous donne assez peu de repères. De manière transversale, il y a une capacité à développer absolument chez tous, quel que soit son niveau de départ : celle d’apprendre à apprendre. Cela passe par l’activation du désir individuel et une méthode à acquérir. En face de cet incontournable, il y a l’entreprise et ses deux temporalités. Celle de court terme, il lui faut des compétences immédiatement opérationnelles. Et la temporalité de moyen terme qui vise à imaginer et construire les compétences futures, développer le désir et l’autonomie dans l’apprentissage. Comment répondre à ces multiples enjeux, c’est d’évidence une question à multiples points
d’entrée.


Les facteurs de succès sont tout d’abord entre les mains des organisations, elles disposent
avec la réforme de la formation professionnelle d’une large palette de moyens. Mais se
saisiront-elles des deux temporalités ?


Les clés sont aussi du côté des individus. Chacun peut décider de s’engager dans sa propre formation, s’il en a la possibilité financière, les fonds de formation semblant maigres en regard des besoins. Mais elles sont également chez les fournisseurs de solutions d’apprentissage, acteurs en amont et en aval de la chaîne de valeur, et nouveaux entrants comme les Gafam.


Et enfin elles sont entre les mains des décideurs politiques qui orientent les ressources et opèrent par leurs choix des tris entre ce qui est « de 1ère nécessité » et ce qui ne l’est pas. Nous avons testé en urgence et à grande ampleur durant la pandémie, l’apport du digital à nos activités professionnelles. Nous en avons identifié les bénéfices mais aussi les limites humaines. La tentation est grande dans certaines organisations de focaliser sur les bénéfices immédiats. Apprendre, ce n’est pas être derrière un écran, même si l’on est tutoré, avec quiz, gaming et même réalité virtuelle. C’est méconnaitre le besoin viscéral de corporalité et de relations entre les êtres humains. Un tel monde génère de la détresse et de l’individualisme alors même que nous sommes face à des défis majeurs nécessitant collaboration et innovation, et donc l’engagement des équipes.

L’empreinte naissante des Gafam dans ce secteur stratégique nécessite une attention particulière me semble-t-il. Le mode virtuel construit autant de cloisons qu’il n’ouvre de porte sur le monde.


Le « Learning » devrait donc prendre le meilleur de tout ceci : se nourrir des possibilités digitales tout en réarmant la composante humaine.

 

🌈Les tendances RH auxquelles vous croyez et pourquoi 

Je ne suis pas certaine d’aimer les tendances, je suis plus fan des fondamentaux. Ils n’ont pas changé depuis la nuit des temps. Les chercheurs ont produit beaucoup et depuis longtemps, avec justesse et pédagogie pour qui s’intéresse à l’engagement, la motivation et l’implication des équipes.

Ce qui est peut-être deux lames de fond depuis de nombreuses années : le désir croissant d’autonomie des individus lié au niveau d’éducation et le désir d’équité dans nos démocraties.

Cela se traduit par des mouvements en faveur de nouvelles formes d’organisation moins hiérarchiques, la nécessité de faire évoluer le management et de permettre une juste place pour toutes et tous dans la société et l’entreprise. Ce sont des mouvements qui se renforcent et entrent en confrontation directe avec des résistances multiples : conservatismes et peurs.

 

💬Votre devise

« Le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de vaincre ce qui fait peur. » - Nelson Mandela

 

💛Votre état d’esprit actuel

Le pied sur l’accélérateur et l’empreinte d’une longue vie bien remplie, j’ai nommé Sagesse et
Sérénité, mes deux grandes ailes pleinement déployées.